Objet et champ d'application
Définition du périmètre des CGV, produits/services concernés
Modèles, mentions obligatoires et conseils pratiques pour protéger votre entreprise et informer vos clients.
Les Conditions Générales de Vente sont un document contractuel rédigé par le vendeur (ou prestataire de services) qui définit les conditions dans lesquelles il vend ses produits ou fournit ses services. Elles constituent le cadre juridique de la relation commerciale.
Définition légale : Selon l'article L441-1 du Code de commerce, les CGV "constituent le socle unique de la négociation commerciale". Elles comprennent les conditions de vente, le barème des prix, et les réductions éventuelles.
Ces documents sont souvent confondus mais ont des finalités distinctes :
Conditions Générales de Vente
Encadrent la vente de produits ou services. Définissent les modalités de commande, paiement, livraison, garanties.
Conditions Générales d'Utilisation
Régissent l'utilisation d'un site web ou d'une application. Définissent les droits et devoirs des utilisateurs.
Obligations d'information
Identifient l'éditeur du site, l'hébergeur. Obligatoires sur tout site internet (LCEN).
Les CGV sont encadrées par plusieurs textes fondamentaux :
| Texte | Domaine | Points clés |
|---|---|---|
| Code de commerce Art. L441-1 à L441-9 |
Relations B2B | Communication obligatoire, mentions requises, sanctions |
| Code de la consommation Art. L111-1 et suivants |
Relations B2C | Information précontractuelle, délai de rétractation, garanties |
| Code civil Art. 1101 et suivants |
Droit des contrats | Formation du contrat, clauses abusives, exécution |
| RGPD | Données personnelles | Traitement des données clients, consentement |
| LCEN Loi pour la confiance dans l'économie numérique |
E-commerce | Obligations spécifiques pour la vente en ligne |
Envers les clients professionnels, la communication des CGV est une obligation légale. Le Code de commerce impose au vendeur de communiquer ses CGV à tout acheteur professionnel qui en fait la demande.
Article L441-1 du Code de commerce : "Tout producteur, prestataire de services, grossiste ou importateur est tenu de communiquer ses conditions générales de vente à tout acheteur de produits ou tout demandeur de prestations de services qui en fait la demande pour une activité professionnelle."
Envers les consommateurs, il n'y a pas d'obligation légale d'avoir des "CGV" au sens strict, mais une obligation d'information précontractuelle très étendue définie par le Code de la consommation.
Le Code de la consommation (art. L111-1) impose de communiquer avant la conclusion du contrat :
Conseil : Même si les "CGV" ne sont pas strictement obligatoires en B2C, il est vivement recommandé de les rédiger pour regrouper toutes les informations obligatoires dans un document clair et accessible.
Des CGV bien structurées facilitent la lecture et la compréhension par vos clients. Voici une structure recommandée :
Définition du périmètre des CGV, produits/services concernés
Raison sociale, forme juridique, capital, siège, RCS, TVA intracommunautaire
Barème, devise, TVA, modes de paiement acceptés, échéances
Processus de commande, validation, confirmation, modification
Délais, zones, frais, transfert de risques, vérification à réception
Délai, modalités d'exercice, exceptions, remboursement
Garantie légale de conformité, garantie des vices cachés, garantie commerciale
Limitations, cas de force majeure, exclusions
Traitement, finalités, droits RGPD, responsable de traitement
Droits sur les contenus, marques, interdiction de reproduction
Loi applicable, juridiction compétente, médiation consommation
Les présentes conditions générales de vente sont conclues entre :
Le vendeur : [Raison sociale], [forme juridique] au capital de [montant] euros, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de [ville] sous le numéro [RCS], dont le siège social est situé [adresse].
N° TVA intracommunautaire : [numéro]
Téléphone : [numéro] - Email : [adresse email]
Et le client : toute personne physique ou morale effectuant un achat sur le site ou auprès de la société.
3.1 Prix
Les prix sont indiqués en euros [HT/TTC]. La TVA applicable est de [taux]%. Les frais de livraison sont indiqués avant validation de la commande.
Le vendeur se réserve le droit de modifier ses prix à tout moment. Les produits sont facturés au prix en vigueur lors de la validation de la commande.
3.2 Modalités de paiement
Le paiement s'effectue par : [carte bancaire, virement, chèque, PayPal...].
3.3 Pénalités de retard (B2B)
En cas de retard de paiement, des pénalités seront appliquées au taux de [3 fois le taux d'intérêt légal / BCE + 10 points]. Une indemnité forfaitaire de 40€ pour frais de recouvrement est due de plein droit (art. L441-10 C. com.).
Délais légaux : Le délai de paiement entre professionnels ne peut dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si prévu au contrat.
| Élément | Minimum légal | À indiquer dans les CGV |
|---|---|---|
| Taux des pénalités | 3 fois le taux d'intérêt légal | Taux applicable (souvent BCE + 10 points) |
| Indemnité forfaitaire | 40€ | 40€ minimum (montant fixe) |
| Exigibilité | Sans mise en demeure | "De plein droit, le jour suivant la date de règlement" |
Cette clause permet au vendeur de rester propriétaire des biens jusqu'au paiement intégral du prix. Très importante pour se protéger en cas d'impayé ou de procédure collective du client.
Le vendeur conserve la propriété pleine et entière des produits vendus jusqu'au paiement intégral du prix, en principal et accessoires.
Le défaut de paiement de l'une quelconque des échéances pourra entraîner la revendication des marchandises. L'acheteur s'engage à informer immédiatement le vendeur en cas de saisie ou de toute autre intervention d'un tiers concernant les marchandises.
En cas de procédure collective de l'acheteur, le vendeur pourra revendiquer les marchandises non payées.
Efficacité de la clause : Pour être opposable aux tiers (notamment en cas de procédure collective), la clause de réserve de propriété doit figurer dans les CGV acceptées avant ou au moment de la livraison.
Cette clause permet de plafonner ou exclure certaines responsabilités. Attention : elle est très encadrée, notamment en B2C.
La responsabilité du vendeur ne saurait être engagée pour tous les inconvénients ou dommages inhérents à l'utilisation du réseau Internet, notamment une rupture de service, une intrusion extérieure ou la présence de virus informatiques.
En tout état de cause, la responsabilité du vendeur au titre des présentes est expressément limitée au montant du prix des produits commandés et payés par le client.
Cette limitation ne s'applique pas en cas de dol, faute lourde du vendeur, ou dommage corporel.
Attention : En B2C, les clauses limitatives de responsabilité sont considérées comme abusives si elles limitent la responsabilité pour les dommages causés par un défaut du produit ou pour manquement aux obligations essentielles du contrat.
La responsabilité du vendeur ne pourra pas être mise en œuvre si la non-exécution ou le retard dans l'exécution de l'une de ses obligations découle d'un cas de force majeure.
Sont considérés comme cas de force majeure, outre ceux habituellement reconnus par la jurisprudence : les grèves, les pandémies, les catastrophes naturelles, les incendies, les inondations, les guerres, les défaillances de réseaux de télécommunication, et tout autre événement échappant au contrôle raisonnable du vendeur.
En cas de survenance d'un tel événement, le vendeur informera le client dans les meilleurs délais. Si l'empêchement est temporaire, l'exécution de l'obligation est suspendue. Si l'empêchement est définitif, le contrat est résolu de plein droit.
Pour les professionnels : Le transfert des risques s'opère au moment de la remise des produits au transporteur, l'acheteur faisant son affaire personnelle des recours contre ce dernier.
Pour les consommateurs : Les risques liés aux produits sont transférés au consommateur au moment où ce dernier, ou un tiers désigné par lui, prend physiquement possession du bien (art. L216-4 C. conso.).
Les présentes conditions générales de vente sont soumises au droit français.
En cas de litige entre professionnels : TOUT LITIGE RELATIF À L'INTERPRÉTATION ET À L'EXÉCUTION DES PRÉSENTES CONDITIONS GÉNÉRALES DE VENTE EST SOUMIS AU DROIT FRANÇAIS. À DÉFAUT DE RÉSOLUTION AMIABLE, LE LITIGE SERA PORTÉ DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE DE [VILLE].
Interdiction en B2C : Il est interdit d'imposer une juridiction compétente à un consommateur. Celui-ci peut toujours saisir le tribunal de son domicile (clause abusive si elle lui retire ce droit).
Conformément aux articles L611-1 et suivants du Code de la consommation, le consommateur est informé qu'il peut recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en vue de la résolution amiable du litige qui l'opposerait au vendeur.
Le médiateur compétent est : [Nom du médiateur ou organisme de médiation]
Adresse : [adresse]
Site internet : [URL]
Le consommateur peut également recourir à la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges : https://ec.europa.eu/consumers/odr
La vente sur internet impose des obligations supplémentaires définies par le Code de la consommation et la LCEN (Loi pour la Confiance dans l'Économie Numérique).
Pour toute vente à distance à un consommateur, celui-ci dispose d'un droit de rétractation de 14 jours sans avoir à justifier de motif ni à payer de pénalités.
Délai : Vous disposez d'un délai de 14 jours à compter de la réception du bien (ou de la conclusion du contrat pour les services) pour exercer votre droit de rétractation.
Notification : Pour exercer ce droit, vous pouvez utiliser le formulaire de rétractation ci-joint ou toute déclaration dénuée d'ambiguïté adressée à :
[Nom de la société, adresse, email]
Effets : En cas de rétractation, nous vous rembourserons tous les paiements reçus, y compris les frais de livraison standard, au plus tard 14 jours à compter de la réception de votre demande. Le remboursement sera effectué par le même moyen de paiement que celui utilisé pour la commande initiale.
Retour des produits : Vous devrez renvoyer les produits au plus tard 14 jours suivant la communication de votre décision de rétractation. Les frais de retour sont à votre charge sauf mention contraire.
Le droit de rétractation ne s'applique pas dans les cas suivants (à mentionner clairement) :
Un formulaire type de rétractation doit être fourni au consommateur (annexe au Code de la consommation) :
(Veuillez compléter et renvoyer ce formulaire uniquement si vous souhaitez vous rétracter du contrat)
À l'attention de [nom et adresse du vendeur] :
Je/Nous (*) vous notifie/notifions (*) par la présente ma/notre (*) rétractation du contrat portant sur la vente du bien (*) / la prestation de service (*) ci-dessous :
— Commandé le (*) / reçu le (*) :
— Nom du (des) consommateur(s) :
— Adresse du (des) consommateur(s) :
— Signature du (des) consommateur(s) (en cas de notification papier) :
— Date :
(*) Rayez la mention inutile.
Avant la conclusion du contrat, le vendeur en ligne doit informer le consommateur de manière claire et lisible sur :
Les différentes étapes techniques à suivre pour conclure le contrat.
Si le contrat sera archivé et s'il sera accessible au client.
Les moyens techniques permettant de corriger les erreurs avant validation.
Les langues dans lesquelles le contrat peut être conclu.
Le processus de commande doit respecter la règle du "double clic" :
Le client vérifie le récapitulatif de sa commande (produits, quantités, prix total TTC, frais de livraison)
Le client confirme définitivement sa commande avec un bouton clair : "Commande avec obligation de paiement" ou "Payer"
Le vendeur envoie sans délai un email confirmant la réception de la commande
Bouton de commande : Le bouton de validation finale doit comporter la mention "commande avec obligation de paiement" ou une formule équivalente sans ambiguïté. Un simple "Valider" ou "Confirmer" ne suffit pas.
Les CGV e-commerce B2C doivent obligatoirement mentionner les garanties légales :
Garantie légale de conformité (art. L217-1 et suivants C. conso.) :
Le consommateur dispose d'un délai de 2 ans à compter de la délivrance du bien pour obtenir la mise en conformité d'un bien non conforme. Durant ce délai, le consommateur n'a pas à prouver l'origine du défaut.
Garantie des vices cachés (art. 1641 et suivants C. civ.) :
Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine. L'action doit être intentée dans les 2 ans suivant la découverte du vice.
Une clause est abusive lorsqu'elle crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, au détriment du consommateur. Les clauses abusives sont réputées non écrites (nulles de plein droit).
Article L212-1 du Code de la consommation : "Dans les contrats conclus entre professionnels et consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat."
Certaines clauses sont présumées abusives de manière irréfragable (liste noire - art. R212-1 C. conso.) :
Certaines clauses sont présumées abusives de manière réfragable (liste grise - art. R212-2 C. conso.). Le professionnel peut apporter la preuve contraire :
Depuis 2019, la notion de déséquilibre significatif s'applique également aux relations B2B (art. L442-1 C. com.). Sont notamment visées :
Conseil : Faites relire vos CGV par un juriste, surtout si vous traitez avec des consommateurs. Une clause abusive, même rédigée de bonne foi, est nulle et peut engager votre responsabilité.
Pour être opposables (c'est-à-dire pouvoir être invoquées contre le client), les CGV doivent avoir été portées à la connaissance du client et acceptées par lui avant la conclusion du contrat.
1. Communication claire et lisible
2. Avant la conclusion du contrat
3. Acceptation expresse du client
4. Preuve de l'acceptation conservée
• Case à cocher "J'accepte les CGV"
• Signature au verso du devis/bon de commande
• Mention "Lu et approuvé" + signature
• Clic sur lien + validation
Les CGV doivent être affichées de manière visible ou remises au client avant l'achat :
L'acceptation des CGV doit être active (pas de case pré-cochée) :
Bonnes pratiques e-commerce :
✅ Case à cocher obligatoire : "J'ai lu et j'accepte les CGV" avec lien vers le document
✅ CGV accessibles via un lien clair à tout moment de la navigation
✅ CGV téléchargeables au format PDF
✅ Envoi des CGV en pièce jointe de l'email de confirmation
❌ Case pré-cochée par défaut
❌ CGV accessibles uniquement après paiement
Les CGV doivent figurer sur (ou être jointes à) chaque document commercial :
Si le client (notamment en B2B) a ses propres conditions générales d'achat (CGA), un conflit peut naître. La jurisprudence retient généralement :
Règle du "dernier mot" : En principe, ce sont les conditions de celui qui a émis le dernier document contractuel accepté par l'autre qui prévalent. Pour sécuriser la relation, prévoyez une clause stipulant que vos CGV prévalent sur toutes conditions contraires.
Les présentes conditions générales de vente prévalent sur toutes conditions générales d'achat du client, sauf acceptation expresse et écrite contraire du vendeur.
Le fait de passer commande implique l'adhésion entière et sans réserve du client aux présentes CGV, à l'exclusion de tout autre document.
Vous pouvez modifier vos CGV à tout moment pour les nouvelles commandes. En revanche :
Utilisez un langage simple. Évitez le jargon juridique incompréhensible. Structurez avec des titres et sous-titres.
Vos CGV doivent être équilibrées. Des clauses trop favorables au vendeur seront inefficaces voire contre-productives.
Personnalisez selon votre activité. Des CGV génériques trouvées sur internet ne couvriront pas vos spécificités.
Révisez vos CGV régulièrement (au moins annuellement) pour intégrer les évolutions légales et jurisprudentielles.
Faites relire par un professionnel du droit, surtout pour les activités à risque ou le B2C.
Couvrez tous les aspects de la relation : commande, paiement, livraison, retours, litiges. Mais restez concis.
| Ressource | Description | Utilité |
|---|---|---|
| Commission des clauses abusives | cca-clauses-abusives.fr | Recommandations sur les clauses à éviter |
| DGCCRF | economie.gouv.fr/dgccrf | Fiches pratiques sur les obligations |
| Légifrance | legifrance.gouv.fr | Textes de loi à jour |
| CCI / CMA | Chambres consulaires | Accompagnement, modèles sectoriels |
| Avocat / Juriste | Conseil personnalisé | Rédaction ou relecture sur mesure |
Budget : La rédaction de CGV par un avocat coûte généralement entre 300€ et 1 500€ selon la complexité de l'activité et le niveau de personnalisation. C'est un investissement rentable au regard des risques évités.
Les CGV sont bien plus qu'une formalité juridique : elles constituent le fondement de votre relation commerciale avec vos clients. Des CGV claires, complètes et conformes vous protègent, rassurent vos clients et préviennent les litiges.
Adaptez vos CGV à votre activité, distinguez B2B et B2C, et faites-les valider par un professionnel. N'oubliez pas de les mettre à jour régulièrement et de vous assurer qu'elles sont bien acceptées par vos clients avant chaque transaction.
Pour MonEntrepriseFacile : Ce guide peut servir de base pour un générateur de CGV personnalisé. En fonction de l'activité (vente de biens, prestations de services, e-commerce), de la cible (B2B, B2C, mixte) et du secteur, le module pourrait proposer un document adapté avec les clauses obligatoires et recommandées.